Fin 2023, dans le cadre de l’appel à projet Educ’Eau de l’agence de l’eau Adour-Garonne, Trajectoire Eau et Territoire a été adapté au territoire du Pays Sud Toulousain (regroupement de trois intercommunalités à l’échelle duquel est élaboré le Schéma de Cohérence Territoriale – SCoT – un document central de planification locale à partir duquel sont ensuite basés les Plans locaux d’urbanisme).
Cette adaptation intervenait dans le cadre d’un évènement organisé conjointement par le Pays Sud Toulousain (SCoT et Plan climat-air-énergie territorial – PCAET), le SMEAG (porteur du SAGE Garonne) et le CPIE Terres Toulousaines, dans un contexte de révision du SCoT à l’échelle du Pays sud Toulousain. L’objectif était de favoriser la concertation et l’acculturation des acteurs locaux (surtout des élus) autour de la ressource en eau et de ses enjeux pour l’aménagement du territoire :
(1) Faire prendre conscience du lien entre eau, aménagement du territoire et climat dans le cadre de la révision du SCoT et en lien avec le PCAET : le cycle de l’eau jusqu’à son implication dans l’aménagement du territoire.
(2) Faire prendre conscience qu’une gestion cohérente et optimale se fait à une échelle supérieure à celle des communes (importance des solidarités amont-aval).
(3) Faire comprendre ce que le changement climatique implique sur le territoire et comment les élus ont des pouvoirs d’action.
(4) Faire prendre conscience de l’intérêt pour les communes, lors de la révision ou de l’élaboration de tout document réglementaire (notamment celui du PLU), d’intégrer l’eau comme élément majeur d’analyse de leur territoire.
L’idée était de monter en compétences et partager les expériences, pour ensuite permettre l’émergence d’un groupe de travail transversal afin d’intégrer ces enjeux au futur SCoT.
L’animation de l’atelier s’est tenue à Carbonne (31) le 15 janvier 2024, regroupant une quarantaine de participants aux profils variés (élus et agents municipaux des différentes communes concernées, habitants membres du conseil de développement local…).
Ce qui a le plus marqué dans l’atelier : La pluralité des personnes présentes et les discussions et échanges que permet l’outil (divergence des perceptions). L’approche très globale de la problématique (complexité) et les données chiffrées propres au territoire. Tout le monde semble s’accorder sur le constat. L’absence de solution simple et unique. Qu’en France l’eau prend sa source et s’écoule sur nos territoires, nous sommes donc maîtres à 100% des usages qui en sont faits (contrairement à d’autres territoires dans le monde).
Les principales vulnérabilités identifiées pour le territoire : Le secteur agricole a été identifié comme principale vulnérabilité dans ce territoire fortement irrigué pour la production de maïs (mais sans culpabiliser, plutôt en responsabilisant tout le monde). Une autre vulnérabilité identifiée concernait l’apparition de conflits d’usage du fait de l’accroissement démographique (attractivité du territoire) et des usages agricoles, couplée à une augmentation des phénomènes extrêmes (sécheresse, inondations).
Les principales solutions retenues : Créer une fierté territoriale (sentiment d’appartenance à un territoire et ses particularités). Mettre en place plus d’éducation et de sensibilisation aux enjeux de l’eau sur le territoire afin de permettre une prise de conscience (formation et pédagogie auprès de l’ensemble des acteurs).
Le retour des participants a été très bon, à l’image de nombreux avis recueillis : « bien organisé et atelier très pratico-pratique », « dynamique, riche en technicité et échanges », « intéressant et instructif », « beaucoup d’échanges et de solutions partagées », « atelier animé et convivial », « chiffres sur les usages très marquants ».